Nos paroisses de la Région Centre Ville Rive Gauche partagent un petit territoire de quelques kilomètres carrés dans lequel d’autres lieux de l’EPG proposent également des offres spécifiques et très diversifiées. La mission des paroisses de l’Arve, de Champel-Malagnou et des Eaux-Vives pour les prochaines années se dessinera en effet à côté et avec la Cathédrale, la Paroisse Suisse Allemande, l’Espace Fusterie, le LAB, l’Eglise des enfants et l’Aumônerie universitaire. Sans compter aussi les Aumôneries des HUG qui font un travail formidable dans nos quartiers!

Dans ce riche paysage ecclésial, il nous appartient, et là est notre défi pour les mois et les années à venir, de réfléchir à ce qui fait notre spécificité et notre mission. Et surtout, de répondre à cette question: qu’est-ce qu’une vie communautaire paroissiale dans notre contexte urbain genevois?

Aujourd’hui déjà, une communauté paroissiale ne se résume pas à la somme des personnes présentes au culte, d’autres groupes existent qui se retrouvent par intérêt et par amitié. Les sensibilités sont diverses parmi les personnes qui fréquentent nos paroisses et derrière le mot «paroissiens», ce n’est pas un groupe homogène qui se dessine mais un réseau de personnes singulières aux attentes très différentes et parfois contradictoires. Quels sont les points communs entre cette femme qui est fidèle à sa paroisse depuis des décennies et cette famille qui prend contact à l’occasion d’un baptême? Qu’est-ce qui rassemble la petite fille qui fait du catéchisme et l’arrière-grand-mère qui vient d’entrer en EMS? Cet homme qui vient chercher un peu de chaleur humaine, cette femme qui a de hautes attentes intellectuelles, ce fervent calviniste et cette personne agnostique qui trouve aussi son bien lors des cultes…?

Peut-être que ce qui fait notre ADN paroissial, c’est justement de croire en notre capacité à créer du lien entre des individus très différents. L’Evangile nous rassemble au-delà de nos âges, de notre genre, de notre milieu d’origine, de nos croyances… C’est ce que nous vivons encore aujourd’hui lors des célébrations, des temps de réflexion ou de convivialité. Continuons à faire le pari de l’intergénérationnel et du multitudinisme!

Ainsi, si nous parlons de «fusion» entre paroisses, cela n’implique pas d’ignorer nos différences, mais au contraire d’en prendre conscience pour en faire une force afin que les réseaux et les groupes qui existent aujourd’hui puissent continuer à se développer en bonne entente, à se découvrir et à s’enrichir les uns les autres dans un esprit de curiosité et d’ouverture.

Marie Cénec